👁️ U SAPÈ CITADINU : LE SCANDALE D'UN CÂBLE TRONQUÉ & LA SOLUTION L'OCHJU
Chantier Tronçon 1 38,26 M€ Arrêté à Saint-Joseph (à 1,8 km du port)
Rente Concessionnaire 2,39 M€ / an Versée à POMA/SECA même pour des cabines vides
L'Extension Port/Gare 1 850 m Tracé continu le long du rail CFC (14 min Mezzavia-Port)
Bilan Net CAPA +104 500 € / an Économie annuelle nette en forçant POMA à réinvestir

En clair pour votre foyer : Le téléphérique Angelo s'arrête brutalement à Saint-Joseph, imposant une rupture de charge qui fait fuir les usagers et oblige à payer 2,39 millions d'euros par an au concessionnaire privé pour des cabines qui tournent à vide. La solution existe : notre plan d'ingénierie démontre qu'en prolongeant la ligne de 1 850 mètres le long de la voie ferrée CFC jusqu'au Port et à la Gare, la fréquentation explose à 4 500 usagers/jour. En appliquant le droit des marchés publics pour forcer POMA à réinvestir sa rente dans l'amortissement des travaux, la collectivité dépense moins d'argent par an qu'en laissant le téléphérique dans son état d'échec actuel !

⚖️ ÉTAGÈRE FORENSIQUE : PIÈCES DE DUP, DROIT DE LA COMMANDE PUBLIQUE & APS CÂBLE ACTES OFFICIELS & ÉTUDE L'OCHJU
Rapport DUP du 14 Août 2023
Réserve Suspensive n°1
Alerte formelle du commissaire : la rupture de charge à St-Joseph tue l'utilité publique.
Code Commande Publique Art. L. 3135-1 & L. 6
Imprévision & Intérêt Général
Pouvoir régalien de modifier le contrat et contraindre le délégataire à cofinancer l'extension.
Modèle FININT & APS L'OCHJU
21,3 M€ Autofinancés
Couverture billetterie à 70% (2,24 M€/an) absorbant le prêt vert sans surcoût fiscal.
Cotes de référence : DUP 2A-2023, Rapport Perfettini, ROB 2025, APS-ANGELO-2026 ISO/IEC 27037 Scellé

🔗 GRAND DOSSIER TRANSPORTS AJACCIENS (VOLET 1/2) :
Cet article constitue la première partie de notre enquête exclusive sur les mobilités d’Ajaccio.
👉 Lire la Partie 2/2 : Le Destin de la Muvitarra — Les Chiffres de l’Asphyxie et le Plan de Sauvetage


1. L’ASPHYXIE DE LA ROCADE ET LE MIRAGE À 62 MILLIONS

Chaque matin, dès sept heures et demie, la scène se répète à l’identique pour des milliers de familles ajacciennes. Entre les ronds-points de Caldaniccia, du Stiletto et de Bodiccione, la Rocade se transforme en un interminable ruban de tôles immobiles. Les moteurs tournent au ralenti, l’air s’emplit de gaz d’échappement, les retards s’accumulent pour embaucher ou déposer les enfants à l’école. Pour les habitants des quartiers périphériques et de la périphérie rurale de Mezzavia, rejoindre le centre-ville relève d’une épreuve de patience quotidienne qui dévore entre quarante-cinq minutes et une heure de vie.

C’est précisément pour répondre à cette asphyxie que les décideurs publics ont promis un saut technologique spectaculaire : le premier téléphérique urbain de Corse, baptisé « Angelo ».

Présenté comme l’emblème de la modernité écologique et financé massivement par l’argent public, le projet a mobilisé des sommes colossales :

Au total, ce sont plus de 62 millions d’euros d’argent public qui ont été engagés dans le ciel ajaccien.

Pourtant, dès les premiers mois de mise en service, le contraste sur le terrain est saisissant : pendant que les embouteillages de la Rocade demeurent strictement identiques, les cabines vitrées survolent les collines avec un taux de remplissage dérisoire, transportant trop souvent du vide. Pourquoi un tel équipement, doté des technologies les plus avancées, se heurte-t-il à un tel désintérêt des usagers pendulaires ?


2. L’AVERTISSEMENT ÉTOUFFÉ : LE COMMISSAIRE ENQUÊTEUR AVAIT TOUT PRÉVU

La réponse à cette anomalie ne relève d’aucun mystère technique. Elle est consignée noir sur blanc dans les archives officielles de la Préfecture de Corse-du-Sud, au cœur du rapport d’enquête publique remis le 14 août 2023 par le commissaire enquêteur Gérard Perfettini.

Contrairement aux discours officiels célébrant une adhésion unanime, les pièces d’instruction démontrent que l’avis favorable à la Déclaration d’Utilité Publique (DUP) était formellement subordonné à une réserve suspensive capitale :

« Le commissaire enquêteur a pointé un vice d’ingénierie rédhibitoire : le tracé s’arrête net au quartier de Saint-Joseph et ne relie ni la Gare centrale, ni le Port maritime, ni le cœur commercial d’Ajaccio. L’utilité publique était subordonnée à la garantie d’une interconnexion directe, fluide et en site propre pour éviter la rupture de charge. »

Les avertissements de l’enquête publique étaient d’une lucidité implacable :

  1. Le piège de la rupture de charge : En débarquant à la station basse de Saint-Joseph, l’usager se retrouve bloqué à 1,8 kilomètre de l’hypercentre. Pour continuer son trajet, il doit quitter la station, traverser un carrefour routier et attendre une correspondance en bus urbain elle-même prise au piège des bouchons.
  2. L’annulation du gain de temps : Les douze minutes de survol promises depuis Mezzavia sont instantanément anéanties par les quinze à vingt minutes d’attente et de transfert vers la ville.
  3. Le choix de l’automobiliste : Face à ce parcours d’obstacles, les actifs et les familles font le choix rationnel de conserver leur voiture personnelle, condamnant le téléphérique à la sous-fréquentation.

Pourtant, lors de sa séance du 5 octobre 2023, la majorité communautaire de la CAPA a balayé cette réserve pour tenir coûte que coûte le calendrier politique d’inauguration. L’arrêté préfectoral de DUP du 4 décembre 2023 a scellé le lancement des travaux sur un tracé tronqué, posant les bases d’un échec d’usage prévisible.


3. LA RENTE SANS RISQUE DU GÉANT DU CÂBLE ET LE SACRIFICE DE MUVITARRA

Ce tracé inachevé aurait pu conduire à une remise en cause rapide du modèle économique. Il n’en a rien été, en raison de la nature juridique du contrat signé par la collectivité : un marché global de performance (CREM) de dix ans.

L’autopsie des flux financiers révèle une dissymétrie choquante entre les garanties offertes à l’opérateur privé et les sacrifices imposés aux services publics municipaux :

Au même moment, dans les rues d’Ajaccio, la régie publique historique SPL Muvitarra, qui assure la circulation des bus du quotidien, subit une cure d’austérité brutale. Faute de moyens, le renouvellement de la flotte est retardé, les pannes mécaniques se multiplient, des fréquences sont allégées et des lignes de quartier sont supprimées.

Le scandale moral et politique est total : on a sanctuarisé plus de deux millions d’euros par an pour faire voler des cabines vides entre deux collines, pendant que les usagers des quartiers populaires attendent des bus qui ne passent plus.


4. LE PLAN DE RECONQUÊTE CITOYENNE : 1 850 MÈTRES POUR ENTRER AU PORT

Face à cette impasse, le fatalisme n’a pas sa place. La cellule d’investigation L’OCHJU a mandaté des ingénieurs indépendants en transport par câble pour réaliser ce que la collectivité s’est toujours refusée à concevoir : l’Avant-Projet Sommaire (APS) de l’extension directe du téléphérique jusqu’au cœur battant d’Ajaccio.

L’étude d’ingénierie démontre la faisabilité technique absolue de cette liaison stratégique :


5. L’ÉQUATION FININT : COMMENT FORCER LE PRIVÉ À PAYER LES TRAVAUX

Les décideurs publics opposeront immédiatement l’argument budgétaire : « La collectivité n’a pas 21 millions d’euros à réinvestir dans le câble. »

L’audit financier mené par la cellule FININT de L’OCHJU prouve exactement le contraire. En réalité, construire l’extension coûte moins cher aux finances publiques que de laisser le téléphérique dans son état d’échec actuel.

La démonstration mathématique repose sur la suppression de la rupture de charge :

  1. L’explosion de la fréquentation : En offrant une arrivée directe aux portes des commerces, des administrations et des terminaux de ferries, la fréquentation réelle bondit de 800 à 4 500 usagers par jour ouvré (soit 1,36 million de validations par an).
  2. La reconquête de la billetterie : Les recettes annuelles d’usage passent de 336 000 euros à 2 242 350 euros par an. Le taux de couverture des coûts réels d’exploitation bondit de 14 % à 70 %, hissant le réseau aux meilleurs standards de rentabilité des métros français.
  3. Le montage de l’emprunt vert : Un prêt d’infrastructure de 12 millions d’euros mobilisé auprès de la Banque des Territoires (Caisse des Dépôts) à taux vert bonifié de 2,85 % sur quinze ans représente une annuité constante de 991 850 euros par an.
  4. Le gain net pour le budget public :
    • Situation actuelle (Statu Quo stérile) : La CAPA verse 2 054 000 € par an de perte sèche pour combler le trou de cabines désertes.
    • Situation avec l’extension L’OCHJU : Après déduction des recettes de billetterie et paiement de l’annuité de l’emprunt vert, la charge résiduelle totale pour la collectivité tombe à 1 949 500 € par an.
    • Bilan net pour les citoyens : UNE ÉCONOMIE BUDGÉTAIRE RÉELLE DE +104 500 € PAR AN, tout en dotant la Corse d’une infrastructure moderne de 21 millions d’euros amortie sans aucune augmentation d’impôts locaux !

6. L’OFFENSIVE JURIDIQUE : LE CODE DE LA COMMANDE PUBLIQUE AU SERVICE DU PEUPLE

Pour concrétiser ce plan sans puiser dans les poches des contribuables, la puissance publique n’est pas désarmée face au géant industriel POMA. Le droit administratif français lui confère des prérogatives exorbitantes qu’aucun contrat privé ne peut neutraliser :


Le Verdict de la Cellule L’OCHJU : Le téléphérique Angelo n’est pas condamné à rester la passerelle des seigneurs survolant la misère des transports insulaires. En imposant le plan d’extension citoyen de 1 850 mètres vers le Port, Ajaccio peut désengorger définitivement la Rocade, multiplier par cinq le nombre d’usagers et réaliser une économie nette de plus de 100 000 euros par an sur son budget public. L’ingénierie est prête, les calculs sont scellés : il ne manque que la volonté politique de reprendre la main.


I trasporti pubblichi sò un dirittu di u populu, micca una rendita per l'interessi privati.

L'OCHJU, c'est le regard qui ne se détourne plus.
— Cellule d'Investigation Citoyenne L'OCHJU